Elie Khoury, perfectionnisme et sensibilité
Nouveau venu du groupe, Elie Khoury, au buzuq, occupe une place de choix sur l’album et y épanouit son jeu. Longtemps associé à la musique populaire,rurale ou tzigane, le buzuq est historiquement absent de la musique savante arabe. Sans doute également car il est muni de frettes : le réglage du son y est donc plus encadré que pour le violon ou le oud ; et tous les quarts de tons n’étant pas présents, certains modes ne sont pas jouables dans certains tons à moins de déplacer les frettes.

Indispensable dans le répertoire classique, l’adaptation rapide aux changements de tonalités y est ainsi compliquée. Pourtant, depuis les années 60, le buzuq a suscité des vocations. Et de talentueux instrumentiste sont émergé depuis : Muhammad ‘Abd el Karîm, Mohamed Matar, Issa Hassan plus récemment, en ont élargi le spectre et les possibilités. Il est alors devenu plus facile d’y faire appel pour des morceaux complexes, dont il rafraîchit la couleur et le style. Elie en étend le répertoire. Et Ahmad l’a pressenti comme un complément intéressant à l’oud et à la contrebasse pour sa tessiture et ses sonorités cristallines qui permettraient, combinées à celles des autres cordes, de couvrir un vaste registre sonore, tandis que les percussions structureraient le tout. Elie a acquis au Conservatoire national Supérieur de Beyrouth une connaissance approfondie de la musique arabe classique, une maîtrise du oud et une formation solide à la musique occidentale. En autodidacte, il s’est ensuite tourné vers le buzuq. Et comme ce répertoire était surtout tourné vers l’improvisation, il écrit une méthode d’enseignement permettant d’en approfondir la technique. Dès 13 ans, il remporte un concours de l’Unicef qui l’amène à y représenter le Liban. Seul ou avec des musiciens et chanteurs reconnus, il s’est depuis produit sur les meilleures scènes (Abu Dhabi, Bahrain, Institut du Monde Arabe de Paris, Festival de la Musique du Monde de Marseille, Shanghai World Expo…).

Elie Khoury: perfectionism and sensitivity

Elie Khoury on the buzuq is the newcomer to the group; he occupies a place of honour on the album, and his talents shine throughout. Long associated with popular, folk and Gypsy music, the buzuq is traditionally absent from the classical Arabic orchestra. No doubt this is also because it is a fretted instrument; the tuning is therefore less flexible than for the violin or the oud. As some quarter tones are missing, the buzuq is not capable of playing certain modes at certain pitches unless the frets are moved. This makes adapting swiftly to key changes, essential to the classical repertoire, rather complicated. However, since the 1960s, the buzuq has inspired its own devotees, and several talented players have emerged, including Muhammad Abdul Karim, Matar Muhammad and, more recently, Issa Hassan, each of whom has broadened the scope and possibilities of the instrument.

It has thus become easier to include the buzuq in more complex pieces, thereby reinvigorating colour and style. Elie is extending that repertoire further still, and Ahmad sensed that the buzuq would provide an interesting counterpart to the oud and the double bass; the instrument’s range and crystalline tones, when combined with those of the other strings, grant access to a vast musical register, with an overall structure provided by the percussion. Whilst at the Lebanese National Higher Conservatory of Music in Beirut, Elie gained a profound knowledge of classical Arabic music, a mastery of the oud and a thorough training in Western music. He then turned to the buzuq, which he taught himself to play. As its repertoire relied heavily on improvisation, he created a teaching method which allowed the instrument’s technique to be exploited in greater depth. At the tender age of 13, he won a UNICEF competition which took him to Holland to represent his country. As a solo artist or in the company of other renowned musicians and singers, he has appeared on some of the world’s greatest stages, performing in Abu Dhabi and Bahrain, and at the Arab World Institute in Paris, the Babel Med World Music Festival in Marseille and the Shanghai World Expo.